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La santé mentale en Afrique : Parlons-en

– Comment ça va ?

– Ça va oh… je suis debout.
-…

Peut-être avez-vous déjà utilisé ces phrases pour prendre des nouvelles d’un proches ou simplement démarrer une conversation ?
Quand on y pense, ce début conversation à priori banal traduit également le fait qu’au pays, quand on a déjà du mal à accéder aux soins de santé destinés à soulager des maux physiques, la santé mentale elle, se retrouve souvent reléguée au second plan.
Pas le temps de s’attarder sur les émotions ou des maladies que l’on ne comprend pas.
Dans la vie de tous les jours, comme dans la pratique du soin, la composante mentale est bien souvent complètement négligée, les malades, stigmatisés et parfois abandonnés par des familles complètement dépassées.
Susu ayant adopté une approche du soin allant au delà de l’aspect physique et du médical, nous nous penchons sur le sujet à l’occasion de la
journée mondiale de la santé mentale, afin de découvrir quelques initiatives visant à promouvoir la prévention du suicide, thème choisi par l’OMS pour cette journée.

Des maladies mentales encore méconnues et une prise en charge insuffisante pour les malades

Le saviez-vous ?

La santé mentale est plus que l’absence de troubles mentaux.

La santé mentale fait partie intégrante de la santé ; en effet, il n’y a pas de santé sans santé mentale.

Environ 450 millions souffrent actuellement de  troubles mentaux dans le monde

 

Dans les régions où les politiques de santé publique donnent la priorité au traitement de maladies infectieuses, ou encore à la malnutrition, les ressources matérielles et humaines dédiées aux maladies mentales (épilepsie, schizophrénie, bipolarité, ou troubles de l’anxiété…) sont moindres.

Un article du journal Le monde soulignait notamment le fait que la majorité des pays africains comptent environs un psychiatre pour 500 000 habitants, au lieu d’un psychiatre pour 5 000 personnes conformément aux recommandations de l’OMS.
Résultat : une faible fraction des malades reçoivent les soins dont ils ont tant besoin, y compris les jeunes. Soumis au stress et à l’anxiété inhérente aux transitions de la vie, 5 % d’entre eux présentent des dysfonctionnements mentaux.

Selon un article du journal Afrique Renouveau, contrairement à certaines croyances locales qui leur attribuent parfois une origine spirituelle, les troubles mentaux seraient imputables au chômage et aux crimes croissant dans des pays tels que le Kenya, le Nigeria et l’Afrique du Sud. Notons également que les situations de guerre et de conflits comme on peut observer et au Libéria ou encore en Sierra Leone sont également favorables au développement de troubles mentaux au sein des populations impactées.

Ces initiatives qui apportent une lueur d’espoir

"La maladie mentale et les troubles cérébraux ne sont pas un échec personnel. En fait, l’échec, s’il y en a un, se trouve dans notre manière de répondre aux personnes qui en sont atteintes”

Dr Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS

Alors oui, les pays africains ont du chemin à parcourir, mais les démarches de sensibilisation se multiplient afin d’améliorer la prise en charge des maladies mentales en Afrique et dans le monde :


– Sur le continent africain

Au Bénin, un réseau de prévention contre le suicide a été créé. À l’initiative de l’ONG locale Sainte-Camille de Lellis, plusieurs centres-relais associatifs ont été implantés dans le pays depuis 2012 afin de prévenir les suicides et de prendre soin des personnes souffrant de maladies mentales. Dans ces structures, des infirmières religieuses sensibilisées à la psychiatrie accueillent les malades et leurs familles.

 

Aux USA

Loin des terres africaines, les mêmes maux : anxiété, dépression, suicides, … sévissent silencieusement dans la communauté afro américaine, en particulier masculine. Ainsi, à la pression belle et bien réelle d’être à la hauteur dans des environnements professionnels hautement compétitifs, vient souvent s’ajouter celle des responsabilités familiales. Alors, car en plus surviennent des traumatismes tels que la maladie, la perte d’un proche ou d’un emploi, beaucoup gardent le silence et font face comme ils peuvent. Pas évident de briser le silence, d’en parler, et encore moins de solliciter l’aide d’un professionnel.

C’est donc chez le coiffeur, lieu d’échange et pilier dans la communauté que M. Lorenzo Lewis, fondateur du Confess Project, va partager son expérience, sensibiliser, initier le dialogue sur la santé mentale et orienter vers les professionnels de santé qualifiés ceux qui le souhaitent. Depuis la création de son initiative en mai 2016, plus de 15,000 individus ont été touchés à l’échelle nationale.
Pour en savoir plus sur le Confess Project, regardez la vidéo de présentation (en anglais).

 

À l’échelle mondiale
Grâce au plan d’action global pour la santé mentale 2013-2020, les États Membres de l’OMS s’engagent à mettre en place des actions visant à améliorer la prise en charge la santé mentale.


En attendant de voir ces mesures d’envergure mondiale prendre forme dans nos pays, agissons à notre niveau, conscients que le simple fait de prendre des nouvelles de ses proches et d’être à l’écoute fait toute la différence.À très bientôt ! surtout n’oubliez pas de souscrire à notre newsletter pour ne rien manquer de notre actualité.


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